lundi 31 décembre 2007

dimanche 23 décembre 2007

Rébus

c'est de circonstance

mardi 18 décembre 2007

Les rois des manches



Pendant ce mois d'absence, on m'a aussi fait découvrir les videos de Stsanders sur youtube, splendides foutages de gueule des héros de la six-cordes, à base de doublages habiles/débiles.
Tentez donc aussi son "Slash shreds" et l'inénarrable solo de Jake Lee accompagné par un Ozzy Osbourne en pleine forme.
C'est bon de rire parfois.
Je dirais même : c'est carminatif.

lundi 17 décembre 2007

Le retour de la vengeance

Un mois sans bloguer, c'est mal.
En même temps j'avais pas grand chose à raconter.
Des tracas insignifiants, une envie d'écrire engourdie...
Un coup de mou passager, comme on dit par chez moi...

Qu'est-ce que j'ai foutu pendant un mois ?
J'ai appris plein de trucs, comme par exemple le sens du mot "carminatif", en lisant le blog de Philippe Barbot (le monsieur rock de Télérama). Inutile de vous dire que j'essaie de le caser dans chaque phrase désormais...

Ou bien les nouveaux exploits des incroyables Sparks, groupe que je redécouvre continuellement et qui me fournit à chaque fois de nouvelles raison de les kiffer sauvagement.
La dernière en date ? Vous avez peut-être constaté que la dernière mode dans le rock-business consistait à faire des tournées où l'on rejoue dans son intégralité son album le plus "culte"...
Slint a rejoué plusieurs fois son fameux Spiderland, Sonic Youth réinterprète Daydream Nation, le Wedding Present ressert son George Best, etc...
Les Sparks se montrent nettement plus couillus et couillons, se lançant dans un projet un tantinet plus ambitieux : En mai et juin prochain, ils seront à Londres pour une série de 21 concerts. Chaque soir, il joueront l'intégralité d'un album différent de leur discographie. De sorte qu'ils auront réinterprété, à l'issue de ce bon mois de concerts, l'intégralité de leur foisonnant répertoire. Ils finiront à la mi-juin en jouant leur tout nouvel album, le 22ème.
Quand on sait qu'un morceau des Sparks peut être aussi riche et déglingué que çà :


The Sparks "Talent is an asset" (sur Kimono My House - 1974)

on se dit que ça risque de répèter à fond chez les Sparks ces prochains mois et que prendre des risques, pour les frères Mael, ça doit pas être carminatif.

dimanche 18 novembre 2007

Père Fouras des villes in disguise :

Anadiplose.
Concaténation.
Deux mots techniques, déjà utilisés sur ce blog (à propos d'une chanson de Fred Poulet) qui décrivent ce procédé fameux consistant à répèter au début d'une phrase la fin de la précédente et à former ainsi une sorte de chaîne (sur le modèle "marabout-bout d'ficelle - selle de cheval - cheval de course, etc...")
Une fois ce principe de construction détecté dans notre joyeux blind-test, des recherches bien menées permettaient d'aboutir à la liste suivante :

1- Lush : Monochrome
Voix évanescentes, guitares gorgées d'effets, on est en plein dans la "shoegazing" pop qui connut ses beaux jours vers la fin des années 80 et au début des 90.
2- Monochrome Set : He's Frank
Un des grands classiques du groupe culte anglais, maître dans l'art de l'humour à froid, du dandysme "fin de siècle" et des références au pop-art. (un petit bonus ici).
3- Frank Alamo : Da Dou Ron Ron Ron
Un classique du yéyé, placé ici surtout pour pouvoir faire cet enchaînement crétin avec...
4- Ron Sexsmith : Strawberry Blonde
Extrait du deuxième (et meilleur ?) album du singer-songwriter canadien.
La production, signée Mitchell Froom, est à se morceler le coccyx.
5- Blonde Redhead : Oh James
Extrait du très bien nommé "Fake Can Be Just As Good", qui sous-entend que leur façon de faire du Sonic Youth vaut bien les "originaux", idée à laquelle je souscris pleinement.
6- James Iha : One And Two
Le guitariste des Smashing Pumpkins avait sorti ce très bel album de ballades popinettes en 1998 (Let It Come Down). Je l'écoute encore souvent.
7- Two Unlimited : Get Ready For This
La Belgique, pas encore officiellement Tecktonik, mais déjà largement Technotronic
8- This Heat : A New Kind Of Water
Extrait de l'album "Deceit", de très loin celui que je préfère.
This Heat fait partie de ces groupes anglais "arty" et expérimentaux qui ont essayé de faire du rock au début des années 80 en empruntant au prog anglais (la scène de Canterbury en tous cas) mais en tirant aussi les leçons du "krautrock" (recherches timbrales, alliance du savant et du primitif, utilisation de la répétition en dehors du cadre de la musique dansante, etc...). Ce début de morceau me fait beaucoup penser à Animal Collective.

9- Waterboys : Medicine Bow
Le style et la voix étaient relativement identifiables, non ?
10- Bow Wow Wow : I Want Candy
J'adore Bow Wow Wow, projet new-wave "pseudo tribal" élaboré par Malcom Mc Laren, qui reprend ici un tube des années 60 (chanté par les Strangeloves à l'origine) mais qui signa aussi quelques très bons singles comme Go Wild In The Country. C'est pas très éloigné de ce que faisait Lizzy Mercier-Descloux estimè-je humblement.
11- Candi Staton : Love Chain
Pas mécontent d'avoir pu caser celui-ci en fin de course, non pas que j'affectionne particulièrement cette ravissante chanteuse soul des années 70 mais parce que le titre du morceau renvoie au mode de construction de la séquence.


CLASSEMENT :
And the winner is…

Monseigneur Kill Me Sarah, qui m'a rendu une copie sans faute deux heures après la mise en ligne du jeu.
C'est imbattable. 25 points vite fait bien fait. Très fort. Félicitations.
Il a trouvé This Heat les doigts dans le nez. Il est trop balèze.
Il remporte un CD en cadeau. Parce qu'il le vaut bien.

C'est Monsieur Benjamin et sa muse qui arrivent en deuxième position, avec 25 points itou et une dignité pleinement restaurée.

La troisième place est pour Coolbeans, qui a pris son temps pour répondre mais qui nous assène un score maximum tranquilou, l'air de rien.

Davnat sèche sur This Heat et y laisse quelques plumes (23 points)

La fougue et l'impétuosité du jeune Billy Montoya lui ont valu quelques sorties de route : on confond This Mortal Coil avec This Heat, on oublie le titre de la dernière chanson... et on se retrouve en bas du podium avec 22 points, la rage au ventre, à fomenter une vengeance qui s'annonce sanglante.

L'Amicale de Berguette semble avoir sous-estimé la précision des concaténations et passe à côté de quelques points largement à sa portée : score honorable de 20 points mais peut mieux faire.

Dragibus atteint le même score, ce qui me permet de me venger de son dernier blind-test spécial cinéma sur lequel je ne fus pas brillant non plus.

Enfin, première participation très appréciée de Phleaupe, qui se la fait "à la roots" et probablement au feeling puisqu'il déniche les trucs les plus ardus mais laisse tomber l'affaire sur Lush. Bilan : 18 points.

Merci pour votre participation et à très vite !

jeudi 15 novembre 2007

The Amadou & Mariam De Dieuleveult Hunt #1



Après le relatif succès du premier blind-test, j'ai décidé de vous proposer un nouveau jeu, basé lui aussi sur le principe de l'identification "à l'aveugle", mais relevant finalement tout autant de la chasse au trésor, une invitation à la recherche en tous cas...
J'ai essayé cette fois-ci de moins valoriser l'érudition du joueur que son sens de la débrouille et de l'astuce.
Soyons donc clair : il est quasi-impossible que quiconque identifie spontanément les 11 extraits enchainés dans le fichier audible (et téléchargeable) ci-dessous.
Il est par contre à la portée de presque tout le monde sachant se servir de son intuition, de Google, de quelques sites habilement choisis et de ses oreilles de venir à bout de ce jeu.
Il s'agit de trouver le nom des 11 interprètes et les 11 titres de chansons.
Attention, indice important : Ces chansons ont été choisies pour une raison précise qui ne relève pas du hasard.
Trouver cette raison devrait largement vous aider à résoudre le puzzle.



Vous avez jusque dimanche 19/11 à 20h pour me rendre votre copie par mail :
monongle (arobase)free.fr
1 point par interprète identifié + 1 point par titre correct + 3 points pour le pourquoi du comment...
Le premier à obtenir 25 points est le gagnant suprême.

mardi 13 novembre 2007

Même pas cape (fin ?)

Il semble qu'on ait atteint un sommet avec la découverte de cette vidéo



Ce document poignant mettrait-il un terme à notre quète ?

mercredi 7 novembre 2007

Strogoff, le bilan (2) : Classement


Tout d'abord, un grand merci à tous les participants...

Big up à Indie-Boy Traqueur qui remporte le grand prix "Ray Charles" avec 25 points.
Il a trouvé à la fois les Dogs, Lady Sovereign, les Yardbirds, Hüsker Dü et Squarepusher.
Je dis bravo.
Sur la deuxième place du podium, c'est le jeune et fougueux Billy Montoya qui partage le prix "Stevie Wonder" avec le vétéran Kill Me Sarah, tous deux plafonnant à 23 points.
La médaille de bronze (le Andrea Bocelli Award) revient à l'Amicale du Rock de Berguette, ex-aequo avec le pourtant puissant Coolbeans sur un score de 20 points.

Après, on tombe sous la moyenne et je dois dire que c'est mal.
Il faut travailler, prendre garde aux étourderies.
On arrive sur les trophées en plâtre à l'effigie de Gilbert Montagné.
Dragibus, hyper balèze au naturel, parvient piteusement à 15 points.
Le pourtant très documenté Mougelinho stagne à 14 points.
Mariaque quant à lui ne grapille que 13 points.
Au rayon des participations "en passant", on remarque un sans-faute de Mauricette Beaussart, mais sur un nombre très limité de titres (4 points au final) et un plan "je connais le nom du truc, c'est écrit sur la pochette mais j'ai la flemme d'aller le lire" signé Monsieur Benjamin qui lui vaut 6 pauvres points.

Mon bilan :
- participation correcte pour une première
- enthousiasme global des joueurs
- niveau du jeu un peu trop élevé à votre goût

Je ré-éditerai l'excercice bien volontiers et sous peu, en tâchant de rendre le jeu un poil plus accessible et moins axé sur l'érudition... J'ai déjà un truc en chantier pour dans un futur proche...
Vos commentaires sont évidemment bienvenus en vue d'une prochaine édition...

lundi 5 novembre 2007

Strogoff : le bilan (1)

Allez, d'abord les réponses :

1) dEUS "For the roses", extrait de leur troisième album ("In a bar under the sea").
Et un groupe belge, un.
2) STINA NORDENSTAM "Purple Rain", reprise de Prince issue de son splendide album "People Are Strange"
3) HÜSKER DÜ "Pink Turns To Blue". Super chanson, production à chier.
4) XTC "Living Through Another Cuba", sur l'album "Black Sea", dont la pochette représente les quatre gaillards posant en scaphandriers. Chouette tournerie.
5) KELIS "Trick Me". Du ska déguisé en RnB pétasse/efficace, quelques années avant Lily Allen. Gros tube, quand même... Dans la série "On peut tromper mille femmes une fois, mais..."
6) LINK WRAY "Rumble". LE plus gros classique du Garage ?
avec l'indice sur Zelda, je pensais que vous auriez trouvé plus facilement...
7) SQUAREPUSHER "My Red Hot Car" sur l'album "Go Plastic".
8) NIRVANA "Tourette", sur "In Utero"... mais si, vous savez : le groupe de rock avec le gars qui s'est tué...
9) STONE ROSES "Fools Gold"... le single baggy bien efficace. Celui-là était particulièrement générationnel, donc pas facile à trouver pour ceux qui ne sont pas trentenaires.
10) OUTKAST "Spread"... le texte est digne de Francky Vincent mais la production tabasse ses morts. Pas manchots, les deux maquereaux...
11) SONIC YOUTH "Silver Rocket" sur "Daydream Nation".
12) THE SLITS "Heard it through the grapevine", les princesses du punk reprennent Marvin Gaye façon reggae-disco.
13) THE YARDBIRDS "Evil Hearted You". Les Pixies en ont enregistré une version en espagnol (Corazon de Diablo...). Le texte est une spéciale dédicace perso à JCV, le roi de la manigance et du mauvais esprit.
14) VLADIMIR COSMA thème du film "Le Jouet".
Bravo à ceux qui ont trouvé celui-là... je pensais que vous seriez moins nombreux.
15) LADY SOVEREIGN "Public Warning". Chavette féroce mais clapet véloce.
16) THE DAMNED "Neat Neat Neat". Un des groupes les plus injustement négligés de la première vague punk anglaise. à redécouvrir (si nécessaire). Leur bassiste, c'était le Captain Sensible qui chantait "Wot ?"...
17) THE HONEYMOON KILLERS/LES TUEURS DE LA LUNE DE MIEL "Nationale 7".
Le plus culte des groupes belges et son seul tube hexagonal : une reprise de Trénet.
L'achat de la ré-édition de leur album chez Crammed est obligatoire.
18) DEERHOOF "Holy Night Fever"... Je vous ai déjà dit que j'ADORE ce groupe ?
19) LES DOGS "The Most Forgotten French Boys" sur "Too Much Class For The Neighbourhood". C'étaient eux, les français de la sélection...
20) DEATH CAB FOR CUTIE reprend joliment Björk, "All is Full Of Love"

Le classement suit...

samedi 3 novembre 2007

Le Drapeau Noir reprend des couleurs



Il y a deux semaines je suis allé voir et écouter les stupéfiants Dirty Projectors sur scène.
Si vous ne connaissez pas encore, allez donc y risquer une oreille : c'est pour le moins singulier. Il s'agit d'un projet aventureux mené par un gars plutôt zarbi avec des sales pull-overs de ski mais une forte personnalité musicale, David Longstreth.
Ce garçon a décidé - pour son dernier album en date - de rendre hommage à Black Flag (le groupe de punk-hardcore angeleno du musculeux Henry Rollins) en reprenant les morceaux de son mythique premier album "Damaged" (198), mais en se basant exclusivement sur les souvenirs qu'il en a gardés et en les reconstruisant à sa façon, qu'on pourra qualifier de généreuse et alambiquée.
A l'instar du "Pierre Ménard, auteur de Don Quichotte" de JL Borges, Longstreth a donc patiemment "composé des morceaux qui existaient déjà".

Vu de loin, on pouvait redouter que le gars ne s'étouffe dans les références et les citations, jouant le jeu du clin d'oeil décalé pour public averti et sombrant au passage dans l'anecdotique. Vu de près, c'est juste hyper-spectaculaire (harmonies vocales de cinglés à la Björk, rythmiques complexes, énergie quasi-punk) et l'on a du mal a contenir son admiration.
Comparez donc sa lecture de "Police Story" (également ici en video dans une très belle version pour les fameux "Concerts à emporter" de la Blogotheque) et l'original par la bande à Rollins, le contraste est assez étonnant.
J'adore pour ma part la façon dont cohabitent la sophistication extrême de la partition musicale de Longstreth (dans un registre free-afro-folk-post-gospel expressionniste) et la simplicité frontale du texte de la chanson (dans un registre "la jeunesse nique la police/guérilla urbaine pour tous").
"This fucking city is run by pigs. they take the rights away from all the kids. understand we're fighting a war we can't win. they hate us, we hate them. we can't win, no way. walking down the street. i flip them off. they hit me across the head with a billy club. understand we're fighting a war we can't win. they hate us, we hate them. we can't win, no way. nothing i do, nothing i say. i tell them to go get fucked. they put me away. understand we're fighting a war we can't win. they hate us, we hate them. we can't win, no way. i got to court for my crime. stand in line, pay bail. i may serve time. understand we're fighting a war we can't win. they hate us, we hate them. we can't win, no way."

Pour les amateurs, une assiette de rab chez Daytrotter.

jeudi 1 novembre 2007

Un guide pour Michel Strogoff

Ma joie est grande : Vous êtes plutôt nombreux à participer à ce premier blind-test.
Personne n'a tout trouvé pour l'instant...
Parce qu'il faut bien un semblant de cadre au jeu, j'invite tout le monde à me rendre sa copie définitive avant le 6 novembre à 20h, toujours par mail.
Je publierai un classement le lendemain sur la foi de ces réponses.
Voici quelques indices qui vous permettront de ne pas trop vous cogner dans le noir, voire atteindre la clarté ultime pour les plus perspicaces :

- il y a quatre reprises dans cette sélection.
- deux des groupes présents sont belges.
- un fameux groupe d'indie-rock américain, très influencé par les interprètes de la chanson n°3, a enregistré une reprise de la chanson n°13
- dans le tas, il y a un de mes groupes américains actuels préférés (plusieurs fois cités sur ce blog). Rien que leur nom, je trouve ça beau (de chevreuil).
- le titre de la première chanson et les interprètes de la neuvième ont du végétal en commun.
- il y a aussi un groupe français qui fait de la pop anglosaxonne et un groupe étranger qui rend hommage à la chanson française.
- aucun musicien figurant dans ce Blind-Test ne porte de perroquet sur l'épaule.
- il y a par contre deux gigolos salaces et plutôt balèzes
- une pin-up (qui a déjà côtoyé le duo sus-cité) qui jure mais un peu tard qu'on ne l'y prendra plus.
- une petite anglaise survitaminée en survète qui convoite la noblesse et le pouvoir
- il y a un gars, quelque part dans ce foutoir, qui est capitaine et qui joue de la basse...
- un autre qui a le même prénom que le personnage central de la saga de jeux-videos Zelda
- on entend aussi un quatuor d'anglais en scaphandres parler d'une île lointaine.

avec tous ces indices, j'attends quelques "sans-faute"...
Allez, au boulot !

mercredi 31 octobre 2007

Le Michel Strogoff Show #1



Allez, amigos !
Je vous ai préparé un petit blind-test des familles, juste pour évaluer quels sommets (Mons-en-Pévèle ? Massif Central ? Mont-Blanc ? Everest ?) peut atteindre l'érudition musicale de mon aimable lectorat.
Je l'avoue : pour une première, ma sélection n'est pas des plus faciles dans la mesure où elle passe volontiers du coq-à-l'âne en terme de chapelles et d'époque... plusieurs générations de music-lovers devraient y trouver des ritournelles familières et des morceaux plus coriaces...
Amusez-vous bien... J'attends vos réponses par courriel :
monongle (at) free.fr
Si vous sèchez trop, je donnerai quelques indices dans un prochain bulletin.
Les joueurs les plus brillants et les plus prompts seront mis à l'honneur d'une façon ou d'une autre...
ça se passe ici. Il y a vingt morceaux à identifier. un point par interprète, même tarif pour le titre de la chanson.
Un bonus de vingt point pour le numéro de sécu des bassistes.
Un indice avant de partir : ce sont vingt très chouettes morceaux.

dimanche 21 octobre 2007

Vaguement Jumeaux #8 : Flip et Evan (et les autres)



Imaginez qu'on vous donne à écouter le premier disque en solitaire de Joey Starr et que ça ressemble à du Keren-Ann ou du Daniel Lanois, tout en guitares acoustiques et voix délicates, avec des vrais bouts de mélodie dans les morceaux et tout et tout.
Hautement improbable ?
Pas en Belgique en tous cas.
Là-bas, Flip Kowlier est vénéré par la jeunesse flamande pour ses talents de rappeur au sein des très populaires T'Hof Van Commerce, un combo hip-hop s'exprimant en dialecte Ouest-flamand, pas vraiment réputé pour faire dans la dentelle. Et bien notre jeune ami chauve s'est lancé il y a quelques années dans une carrière solo, misant ouvertement sur le timbre chaleureux de sa voix, des orchestrations acoustiques, une production sobre et un songwriting folk pas vilain du tout. Il a fait paraître trois albums dans cette veine et a remporté le jackpot à chaque fois.
Je suis personnellement tombé sous le charme du gars, en particulier grâce à la chanson "Bjistje in Min Uoft", première fois de ma vie où je me suis dit que le flamand (ou en l'occurence le Izegems) pouvait se révèler musical et gracieux.
(anecdote : la fille aux choeurs sur ce morceau n'est autre que Geike Arnaert de Hooverphonic).
J'ai trouvé ça très proche, vocalement, des Lemonheads et des ballades boisées qu'Evan Dando écrivait vers le milieu des années 90. Comme The Outdoor Type par exemple.
De la bonne chanson intimiste pour camionneur romantique, en somme.

P.S. : En revanche, dites-moi si je délire mais j'entends dans Donderdagnacht, le dernier single en date de Flip, une astucieuse hybridation du Tomber la Chemise de Zebda et du How Bizarre de OMC.

vendredi 19 octobre 2007

Top Navrance #11 : Killer Teaser



Bien.
Pour celui-ci, je vais vous demander de vous assoir, de choisir un moment où vous êtes bien réveillé, totalement à jeun, pleinement disponible pour une dizaine de minutes.
C'est l'expérience ultime, un voyage aux confins du réel, peut-être bien le Graal de la Navrance qui étincelle aujourd'hui devant vous.
C'est avec une certaine émotion que je livre donc à vos oreilles expertes l'incroyable Teaser de l'album "Le Grand Départ" de Raphaël Vacinny.
Je n'émettrai pas de commentaires sur le pot-pourri en question : l'auteur se livre déjà sur ce document à une spectaculaire numéro d'autoanalyse mettant en lumière ses sources d'inspiration et ses intentions profondes.
Juste kiffez.

jeudi 18 octobre 2007

Jolie Gaulle # 7 : Saule fertile


Il fut un temps où je pesais quatre fois moins qu'aujourd'hui et où mes parents faisaient beaucoup tourner sur la platine du salon un exemplaire de "Zoum - aux enfants" de Dick Annegarn ... La grosse voix aux inflexions exubérantes du chansonnier hollandais, son savant jeu de guitare en picking et ses désarmantes saynètes naturalistes peuplent donc mon ciboulot et mon palpitant depuis un sacré bail. J'en diffuse encore aujourd'hui de larges portions pour régaler les esgourdes de ma progéniture : Sacré Géranium, Mireille, Ubu, Albert, et puis de plus récentes ritournelles, pas dégoûtantes non plus, comme Les Tchèques, La Limonade ou Quelle belle Vallée !
J'ai deux chansons préférées de Dick : Le Saule, extrait du disque "Chansons Fleuves", que je souhaitais partager avec vous ici et puis Javer, que je vous encourage à aller écouter sur l'excellent album "Adieu Verdure" qui encombre parfois scandaleusement les rayonnages des disquaires d'occasion. Ce sont deux chansons qui me bouleversent toujours malgré les nombreuses écoutes que je leur ai consacrées... Je ne suis pas certain de trouver quoi que se soit à dire d'intéressant ou de convainquant à leur sujet... vous tomberez sous le charme ou pas... je serai juste fier de vous les avoir fait découvrir si elles vous procurent un jour le même plaisir que moi...

dimanche 14 octobre 2007

Les rois du playback

Celui qui criera au copinage aura bien raison : Quand on a des poteaux doués, on est fier de pouvoir la ramener et balancer des exclus à leur sujet.
Le groupe Orwell dont on parlait il y a quelques semaines à peine à l'occasion de la sortie de son nouvel album vient de mettre en ligne la très surprenante video de sa chanson "élémentaire".
C'est tout simplement super et ça se passe - somme toute - de commentaires.

lundi 8 octobre 2007

pump up the jam



Cruel dilemme dans ma vie d'homme, de père, de citoyen :
Suis-je au fond de moi profondément tecktonik ou bien carrément hard jump, comme mes origines septentrionales pourraient m'y enjoindre ?
Au niveau actuel de ma réflexion, j'aurais tendance à penser que quitte à se faire un claquage à l'aine, il vaut encore mieux s'abimer sur une musique un poil moins martiale.


Cet envoûtant phénomène socioculturel pourrait-il n'être au final qu'une vaste manoeuvre orchestrée par les vendeurs de protège-tibias ?
En tout cas, si cette pratique chorégraphique se répand, les soirées dansantes risquent de tourner court, entre l'épuisement des pratiquants et la distribution plus ou moins volontaire de mawashi-geri dans la glotte.

mardi 25 septembre 2007

Top Navrance #10 : Mon Père Ce Zéro



Quand il s'agit d'alimenter mon Anthologie de La Chanson Navrante (dont cette rubrique vous propose quelques extraits choisis), j'avoue négliger un peu les productions actuelles et les Foyers à Haut Potentiels de Navrance (FHPN) que constituent les productions de TF1 ou M6.
Constamment alerté par de bienveillants collaborateurs, je me farcis quand même, évidemment, par souci déontologique, les dernières catastrophes parues (j'en profite pour remercier Ras Gaël pour son repérage des "Perches du Nil" de Dan Ar Braz et du single républicain d'Amel Bent).
Et puis, de cette vaste manne de nullité contemporaine émerge parfois une vraie, une authentique navrance.
Une chanson tellement consternante que les poils viennent se dresser sur mes avant-bras musculeux. Un morceau qui me pétrifie d'effroi, me fige sous l'emprise simultanée de la honte, la pitié, l'embarras, le dérangement intestinal et l'envie d'être loin… très loin.
"J'te reconnais pas" de Mathieu Johann est de celles-là.
C'est l'histoire d'une revanche sur la vie. La colère d'un fils abandonné jetée à la face de son père absent. Du linge sale familial qu'on vient laver en public parce que quand les émotions sont tellement intenses, on les partage avec son auditoire, même si c'est douloureux. D'ailleurs, le dernier single de Mathieu s'appelle "Le bonheur ça fait mal" (sic). On tâchera de retenir ses larmes sur les couplets au piano (mais si : le piano, tu sais, l'instrument de quand on est triste) et la désarmante synecdoque de la "barbe qui console" avant de brandir le poing sur les refrains rageurs et leurs puissantes décharges électriques (mais si, tu sais : la guitare électrique, l'instrument de quand on est en colère).
Bref, en incluant ce morceau dans mon Anthologie, je fais l'économie de trois ou quatre chansons de Patrick Bruel, habilement compressées ici en quelques minutes de bravoure.

mardi 18 septembre 2007

Même Pas Cape (suite)



On ne peut pas dire que mon bulletin du 1er septembre ait généré des avalanches de commentaire.
Pour rappel, j'y invitais mes lecteurs chéris (cherchez pas, c'est vous !) à me soumettre les plus consternantes photos de groupe de rock que leur regard ait pu souffrir.
Certes, j'y plaçais d'emblée la barre assez haut avec une photo de Chicory Tip qui vaut son pesant d'arachide. Mais ce n'était pas censé vous décourager !

Fort heureusement, je viens de recevoir de l'ami Jérôme une contribution plus qu'honorable représentant le groupe de hard-rock Presence et son fascinant moustachu frisottant, nous permettant de vérifier une fois de plus l'illustre dicton du Père Fouras : "le présent n'est rien d'autre que le passé de notre futur."

Là-dessus, je vous encourage à embrayer, en me communiquant vos plus beaux clichés...

Video-club #3

Une nouvelle sélection de videos glanées par-ci par-là, pas toujours très fraîches, mais souvent divertissantes :

- Un exemple émouvant de ce que peut donner le prog-metal tendance symphonique dans ses moments les plus sobres avec Rhapsody.
- un montage tout moisi de videos live de Guns & Roses qui m'a toutefois fait beaucoup rire (surtout le tout début, en fait)
- Un passage télé des cultissimes Sparks datant du milieu des années 80.
- Un film qui montre que faire du yoga, c'est plus balèze que du kung-fu.
- une démonstration du Tenori-on, nouveau joujou électronique musical créé par Yamaha. (tous mes copains en veulent un pour Noël)
- la déconcertante chanson de Max Boublil (pour ceux qui ne la connaissent pas encore par coeur)

Alternatives à l'Automne



Il est en train de se produire pour Pinback la même chose qu'il y a quelques mois pour Of Montreal : on les acclame finalement pour leur travail (après des années d'activités aussi confidentielles que passionnantes), mais à l'occasion de la parution d'un nouvel album qui est probablement le moins réussi de toute leur discographie.
Je me permets donc de vous conseiller de laisser cet "Autumn of the seraphs" tristounet qui ne parvient jamais à égaler le niveau de leur album inaugural et d'aller vous pencher sur les projets parallèles des deux membres du duo américain.
Du côté de Rob Crow, le guitariste et chanteur, il y a les très spectaculaires The Ladies, duo math-rock monté avec le batteur mutant Zach Hill, bouillonnant, un poil démonstratif mais vraiment ébouriffant. Il y a le plus anecdotique projet Optiganally Yours, orienté chanson funky/loungy rigolote à base d'optigan (un orgue vintage bizzaroïde, entre le mellotron et le Fairlight mais version Emmaüs). Et puis des albums solo inégaux (mais pas inintéressants), un projet débile en hommage au black-metal (Goblin Cock), un groupe de punk hardcore (The Alpha Males) et du post-rock arty (Physics).
Mais il y a aussi et surtout son vieux groupe Thingy, carrément pop mais toujours très inventif, qu'il faut à tout prix (re)découvrir. Quelque part entre Weezer et Slint mais avec des breaks de partout. De l'indie-pop joué dans un esprit prog, si vous préférez.
L'album "To The Innocent" est à tomber, achetez-le (directement chez l'excellent label Absolutely Kosher).
Allez, un extrait du dit chef d'oeuvre pour tenter de vous convaincre.

Du côté de Zach, le bassiste/chanteur, il y a un très beau maxi sous le nom de Systems Officer, dans la lignée de Pinback (boîtes à rythmes et choeurs en canon) mais supérieur à la moyenne des morceaux du duo. Beaucoup plus excitant par ailleurs que ses disques avec 3-Mile Pilot.
Enfin bref.
Tout ça pour dire, sans vouloir jouer les vieux cons, que dans cette petite famille-là, on s'amuse davantage en fouillant les archives qu'en succombant aux "prix verts" de la Fnac.

mardi 11 septembre 2007

Zarbi le triangle mais bleu le lundi



Allez, hop : pour le plaisir (comme dirait l'autre), deux bien chouettasses reprises de New Order, dans des registres fort distincts : déglingage jazz pour Blue Monday et calin-bisou sous la couette pour Bizarre Love Triangle. Le nom des interprètes ? A vous de les trouver, tiens...
(j'ai tellement peu de commentaires que je ne sais plus quoi inventer pour en susciter un, même tout petit...)

lundi 10 septembre 2007

Vider les fontaines




Il y a sur le tout nouvel album d'Orwell une très belle chanson vantant la douceur automnale et les bonnes résolutions de la rentrée. Elle s'appelle Septembre et compte parmi ces petits miracles d'équilibre où la sophistication de l'écriture ne vient jamais compromettre l'évidence mélodique.
Quand le refrain se prolonge, inopinément, et que les deux voix modulent en fredonnant "Toutes les rues nous appartiennent / nous pouvons même / vider les fontaines", ces glissements d'accords, qui semblent tout à la fois couler de source et emprunter de sinueux sentiers, me procurent à chaque fois le même frisson de contentement.
Orwell, si vous ne les connaissez pas encore, sont champions de France dans leur catégorie.
Celle, peu fréquentée (et pas très en vogue ces derniers temps), d'une pop savante et romantique, richement arrangée mais toujours très accessible, évoquant Gilbert O'Sullivan, les premiers Divine Comedy, ou bien, pour rester dans l'Hexagone, les oeuvres tardives de L'Affaire Louis Trio.

La jeune femme invitée à chanter sur ce morceau s'appelle Ruth Minnikin. Son groupe The Heavy Blinkers, dans la droite lignée des Wondermints et autres dévots de Brian Wilson, n'est pas mal du tout dans le genre. Mais c'est surtout en solo, quand elle enfile ses bottes en caoutchouc et emmène sa guitare à la pêche à la truite, que l'on succombe aux charmes de cette Canadienne aux faux-airs de Calamity Jane.

(Dans un style pas très lointain, un poil plus jazzy, il y a aussi Jolie Holland, dont j'adore le dernier album en date, mais c'est une autre histoire...)

vendredi 7 septembre 2007

On Va Tous Crever




Vis ta vie comme si t’allais mourir

Parce que ça va être le cas

Je veux pas être de mauvais augure

Mais tu vas crever

Peut-être pas aujourd’hui ni même l’année prochaine
Mais avant même de t’en rendre compte
Tu te diras :
« ça y est ? c’est tout ? (...) »

c’est le blues de l’arme à gauche, le gospel de la boîte en sapin, un Carpe Diem façon Famille Addams : c'est "You'll have time", savoureux extrait de l’album « Has Been » du génial William Shatner (mais si, le Captain Kirk de Star Trek, ou le Sergent Hooker si vous préférez).
Co-écrite par Ben Folds, comme la plupart des morceaux de ce disque paru en 2004, cette jubilatoire petite pièce funèbre (reprenons en choeur "Jo-ey Ra-mo-o-o-ne") vient de m'être présentée par mes bons camarades d'Et Voilà Le Travail (mon bureau de tendance personnel) et je tiens à les en remercier solennellement.
En bonus : une reprise de Pulp avec Joe Jackson aux renforts vocaux.

jeudi 6 septembre 2007

Des boutons et des amplis



Parfois, j'aimerais vraiment avoir 15 ans et 20 kilos de moins, une paire de Converse et un jean taille-basse et pouvoir sauter comme un springbok sur mon lit (sans craindre de passer à travers les lattes) avec la chaîne hi-fi à fond.
Notamment quand j'écoute les joyeux puceaux de Tokyo Police Club, juvénile formation canadienne à rapprocher des meilleurs représentants de la scène "Biactol guitar-pop" de l'ère post-Strokes (Arctic Monkeys, Good Shoes, Kooks, The View, etc...).
Dieu, que leur nom de groupe est nul.
Mais Doux Jésus, que leurs chansons sont emballantes !
Je ne me lasse pas de Nature Of The Experiment, sa grosse basse poilue et son petit motif saturé, son "Go" à la Fort Boyard et son batteur énergique.
Si ça vous plait, essayez leur mini-album, qui tient pas mal la route.

p.s. : photo volée sur un inénarrable site de bedjump !

samedi 1 septembre 2007

Même pas cape.



Rifougnage et pédagogie avec les incroyables Chicory Tip.
Voici une photo qui immortalise leurs tenues de scène.
Sans déconner.
J'ouvre à cette occasion le concours de la photo de groupe la plus effroyable, en vous invitant à soumettre vos candidats et à livrer vos points de vue.
Une autre contribution célèbre à ce challenge de haute volée se trouve ici.
Pour la caution culturelle, Chicory Tip est un groupe britannique resté dans les annales de la pop-music pour son single "Son of a father" (1972), produit et écrit par Georgio Moroder,
considéré comme le premier morceau pop à intégrer le synthétiseur Moog comme instrument principal. Le morceau demeure anecdotique, évoquant un Slade de la Silicon Valley sous Tranxene, mais au moins vous ne serez pas pris en défaut si on vous pose la question au Trivial-Pursuit, au dos d'un emballage d'Apéricube voire au Jeu des Mille Euros.
Perso, je cherche un morceau d'eux antérieur à ce "tube", dont le titre ("i Love Onions") m'émoustille plus que de raison. Si quelqu'un parmi vous archive ce genre de chefs d'oeuvre...

jeudi 23 août 2007

Vaguement Jumeaux # 7 : Arno et Paul



Des deux côtés de la Manche, une même vision glamour de l'éthylisme :
Sur la côte flamande, le toujours très frais Arno se fait génialement clipper pour sa chanson "Chic et pas cher". Sacs plastiques, meule pourrie et couches XXL. Les frères Dardenne, à côté c'est "Sissi Impératrice".
Chez les copains rosbifs, pas mieux : Paul Hawkins ne parvient pas à refouler ses "mauvaises pensées"(pour ce qui est de refouler du goûlot, on est déjà moins inquiets) et introduit une nouvelle façon de porter la robe.
Au-delà des ressemblances dans le rapport brut et réaliste au sujet, j'ai été saisi par le recours commun à ce beat binaire, lourdingue, rigide comme une promenade en déambulateur. Et puis bien sûr, il y a chez nos deux amis cette tessiture spectaculaire qui doit frôler le demi-octave, qui semble brider leur fougue et les condamer au sol, comme des clébards étranglés par leurs laisses et atrophiés par l'étroitesse de leur niche.

Bizarrement, le morceau de Paul Hawkins m'a rappelé le mythique "Porque te vas" jadis immortalisé par Jeanette.
Une chose est certaine en tous cas : je suivrai les prochaines mésaventures du père Hawkins avec attention.

mardi 21 août 2007

Les jeux de l'été (2)

Rébus :


Ils firent chavirer les coeurs sur les dancefloors de toutes les fêtes municipales à l'aube des années 90. Mais comment se nommait ce juvénile duo brésilien qui nous invitait à chalouper "frente a frente" ?

samedi 18 août 2007

Les jeux de l'été (1)

Rébus :

retrouve le titre d'un film pour enfants.

mercredi 25 juillet 2007

Video Club #2

La sélection du blogueur paresseux qui ne voudrait quand même pas vous laisser trop longtemps sans divertissement :

- l'un de mes groupes préférés de tous les temps (et de l'univers) s'appelle They Might Be Giants. Ils sont deux (John et John), ils sont américains, ils sont terriblement prolifiques et singulièrement inventifs. Ils sortent des disques (que je collectionne maladivement) depuis vingt-cinq ans, et en font justement paraître un nouveau ces jours-ci qui a l'air encore une fois pas mal du tout.
On trouve sur youtube la video de "They'll need a crane", un de leurs vieux tubes que j'adore et dont le clip porte bien leur marque de fabrique : simplicité, efficacité mélodique, humour décalé. Un jour très prochain, je pondrai un vrai papier digne de ce nom sur TMBG pour essayer de vous convaincre d'aller explorer leur oeuvre foisonnante et géniale. Un autre point de départ éventuel à votre parcours de découverte :
la chanson "Dr Worm".

- une prestation live du combo électronique allemand Mouse On Mars. J'ai pour ainsi dire commencé à écouter de la musique électronique grâce à eux et je n'ai pas entendu beaucoup de disques depuis qui m'aient provoqué similaire enthousiasme. Cette version de "Twift Shoeblade", extrait de leur album "Autoditacker"(Too Pure - 1997) me fait jubiler comme un caniche abricot devant un bol plein de saucisses apéro. Le clip "officiel" est pas mal poilant aussi.

- Dans la série "ça fait mal à la tête mais tant pis j'en reprends", le nouveau projet de Richard D James (d'Aphex Twin) est assez redoutable... ça s'appelle The Tuss et ça donne effectivement envie d'aller vandaliser des bouches d'incendie à San Francisco.

- plus sage, plus cosy, une video amusante qui témoigne bien de l'apport croissant de la musique concrète dans le champ des musiques populaires électroniques.
Un conseil : si vous aimez ce genre de sons, allez acheter les disques du sublime Matthew Herbert, notamment "Bodily Functions" et "Plat du Jour" ou ses disques sous le pseudonyme de Dr Rockit, vous devriez tomber sous le charme...

- Du très lourd pour terminer : la prochaine fois que vous acheterez un produit Samsung, vous pourrez vous dire que vous contribuez au développement d'une société qui sait véritablement mobiliser ses employés et leur fait vraiment kiffer la vibes. La preuve en image. (non, vous n'hallucinez pas).

jeudi 19 juillet 2007

Piteuse Pita vs Baraque à frites



Même si on est forcé d'adhérer au propos global de la chanson, je vous avoue mon désarroi concernant ce postulant au tube de l'été : faut-il en rire ou en pleurer ?
Idem pour cette entreprise chansonnière septentrionale à succès...
Et vous, ça vous inspire quoi ?

Top Navrance # 9 : un poids-lourd de l'émotion


Le monde de la route ne se résume pas aux douches dans les stations-service, aux plaques d'immatriculation "Nanard 62" et aux posters de Samantha Fox dans la cabine du semi.
C'est aussi - comme Max Meynier le révéla aux auditeurs de RTL dans les années 70/80 - un univers de solidarité et de convivialité, une communauté soudée, unie par la C.B, bien avant la dérive du touche-pipi virtuel sur internet.
Innombrables sont les anecdotes et histoires vantant les qualités de l'ami camionneur. Rares sont celles, toutefois - qui parviennent à atteindre la charge émotionnelle et la tension narrative de "le Routier et l'enfant", enregistré par Jacques Hourdeaux pour un 45 tours mythique, désormais convoité par les connaisseurs.
Sur un air de country assez traditionnel (tapis de pedal-steel, bassiste et batteur qui jouent en matant la télé, Tom Sawyer à l'harmonica, piano Buffalo Grill), le narrateur nous emmène faire un tour en bahut, direction tendresse.
Il nous parle d'un monde que les moins de quinze tonnes ne peuvent pas connaître, celui des gros culs aux grands coeurs, prêts à bouffer des kilomètres de bitume pour ramener un rayon de soleil dans le coeur des démunis.

En bonus, la suite, plus méconnue, plus engagée, mais tout aussi truculente.

samedi 7 juillet 2007

Lessiveuse batave



Un bref hommage au regretté combo pop hollandais John Wayne Shot Me, découvert il y a quelques années grâce à l'ami Fifi, dont la remarquable maison de disques "62tv records" fit paraître la plupart des oeuvres (parallèlement à celles, plus remarquées, de Girls In Hawaï, ou plus récemment des Tellers).
Le site du label décrit fort judicieusement leur travail comme "des chansons-miniatures Kinder Surprise faites-main et ultra-addictives".
En voici une qui s'intitule "Washing Machine" et qui résume parfaitement les qualités de ce petit groupe sans prétention, certes pas toujours très regardant sur la justesse, mais doté d'un enthousiasme contagieux et d'une ingéniosité musicale qui lui ont valu quelques vrais moments de grâce. Basé sur une boucle de boite à musique répétant le motif mélodique d'une berceuse universellement connue, le morceau parvient à développer sa propre trame harmonique en tournant autour de cet élément statique, avec beaucoup d'astuce et de finesse, mais sans rien sacrifier de son évidence mélodique ou de sa splendide simplicité.
Discrètement génial.

vendredi 29 juin 2007

Assertions professionnelles

Merci l'hypertextualité !
Je découvre émerveillé, grâce à la colonne de liens du nouveau blog de l'ami Dumez, l'existence de l'excellent site des Scientists Of America.
Si vous pensez que consommer de la macédoine peut faciliter l'apprentissage du golf ou que visionner regulièrement "Taxi 2" favorise la pousse des testicules, foncez sur ce site qui, me permets-je humblement d'avancer, doit autant à Borges et la Pataphysique qu'à "Infos du Monde".

lundi 25 juin 2007

Top Navrance #8 : Chapeau l'Artiste



Il est temps de vous faire découvrir cette tendre ritournelle roucoulée chaleureusement par Nicole Rieu. Cette chanson occupe une place à part dans l'Anthologie de la Chanson Navrante : elle aborde tout d'abord le thème de l'artiste et de son rôle social, mais en se positionnant complètement à l'extérieur du discours ( alors que Nicole, vous en conviendrez, fait aussi les jours gais et tristes).
Par ailleurs c'est l'une des chansons les plus indécises et autocontradictoires que je connaisse. Le texte dit en substance : "Toi l'artiste tu es génial et inaccessible donc je m'adresse à toi : active-toi grosse feignasse, tout en prenant ton temps, et puis ne traîne pas trop non plus, enfin c'est toi qui vois mais écoute ce que je te dis".
Et puis, c'est une chanson incroyable parce qu'elle exploite le lexique "cosmique" des dessins-animés de science-fiction ("le magicien des temps nouveaux", "toutes les teintes de l'univers", "l'histoire de la Terre",…) sans la moindre raison apparente. La chanson de Capitaine Flam doit simplement constituer une influence majeure pour Nicole.
Enfin, ce qui ne fait qu'ajouter au magnétisme de cette oeuvre lyrique : elle évoque irresistiblement le générique du Village dans les Nuages.

Un Blog acheté = Un fliquage gratuit

Hmmm... Ma Radioblog ne fonctionne plus depuis plusieurs jours déjà et ça coïncide avec une vague d'avertissements/menaces de certains fournisseurs d'accès à l'attention de quelques blogueurs de renom hébergés chez eux. La loi veut qu'un blogueur animant une radioblog s'acquitte d'une redevance forfaitaire de 72€ auprès de la SACEM .
Ben voyons. Et pourquoi pas remonter les prix des CD en magasin pour compenser les pertes générées par le téléchargement illégal ?

Evidemment, on sait bien que balancer en pâture des morceaux gratuitement n'est pas bien légal. Mais qui s'enrichit et qui s'appauvrit la-dedans ? Qui est payé ? Qu'y perdent les artistes ? Les grosses compagnies phonographiques et les sociétés de droits d'auteur n'ont pas compris non plus que les blogs jouaient désormais un rôle prescripteur, qu'ils développaient une activité de conseil et de diffusion promotionnelle plus conviviale et efficace que la plupart des media radiophoniques ou papier... Tant pis pour eux.
On pourrait tout aussi raisonnablement proposer que les maisons de disques versent aux blogueurs une rétribution pour faire la publicité de leurs oeuvres et donner envie aux gens d'écouter un catalogue qu'eux-même connaissent à peine.

En ce qui nous concerne, je vais virer purement et simplement ma radioblog et prendre soin de gérer un peu plus prudemment les mp3 proposés ici.
Je ferai désormais le "ménage" tous les mois, ce qui veut dire que seuls les 5 ou 6 derniers morceaux postés seront disponibles. Grand ménage de printemps en fin de semaine : si vous voulez récupérer des encombrants, magnez-vous !

mercredi 20 juin 2007

Canada Braille



Je ne peux pas l'expliquer. J'imagine que ça aurait pu tomber sur un autre groupe relativement marrant, comme Les Fatals Picards voire Fatal Bazooka (qui m'a quand même scié une burne avec sa brillante parodie du cataclysmique duo Diams/Vitaa)
Et bien non, c'est sur le groupe canadien Les Trois Accords que je bloque littéralement depuis quelques semaines, allant jusqu'à écouter leur album Gros Mammouth Album Turbo plusieurs fois en entier sans bouder mon plaisir. Bon. Déjà le titre de l'album m'avait mis en confiance.
Et il est utile de préciser que musicalement, malgré quelques lourdeurs, on est plus proche de Weezer et des Wedding Present que de Ludwig Von 88 ou des Wampas.
Et puis j'avais entendu le morceau "Vraiment beau" qui fait rimer "moustache", "visache" et "ombrache", ce qui suffit à me faire jubiler dans un premier temps. Et puis en m'apesantissant sur le sort de cet étrange combo de la Belle Province, je découvris une multitude d'idées plus débiles les unes que les autres, qui achevèrent de me convaincre. Je ne pensais pas devoir vérifier un jour l'équation "Chanteur braillard + accent québecois à la truelle + guitares de bourrin + sens aiguisé de l'absurde = sourire béat".
J'abdique.
C'est grave, docteur ?
Si un lecteur/une lectrice pouvait me rassurer en m'annonçant que je ne suis pas un cas isolé, je serais soulagé...
(allez donc voir et écouter "Hawaïenne" ou le nostalgique "Ton Avion")

vendredi 15 juin 2007

Hydrographie génitale



Il paraît que Dick Rivers est en voie de réhabilitation, passant miraculeusement du statut de momie yéyé à l'imaginaire balisé (Leslie qui vit dans le Tennessee, dont la Gibson sonne comme personne, qui s'envolait dans sa Chevrolet, avec un max de feeling et de brillantine) à celui de figure tutélaire du classic-rock à la Française (le Johnny Cash hexagonal, rien de moins).
La preuve : les "jeunes" plumes gauloises à succès (Mickey 3D, Mathieu Chédid, Benjamin Biolay, Miro) l'adorent et viennent l'épauler sur son drôle de nouvel album.
La vraie surprise, toutefois, vient d'une collaboration VRAIMENT inattendue avec Mathieu Boogaerts, qui signe et arrange la chanson Ma Doudou.
Sensation troublante d'entendre la voix rauque et pesante du papy à banane se substituer au timbre fluet du jeune chantre de la chanson chuchotée et de la "baby-talk pop".
Stupéfaction d'entendre Dick lui-même faire allusion à cette traduction patronymique peu flatteuse qui lui colle aux santiags (aux alentours de 3 minutes et 8 secondes).
Si le morceau ne fonctionne - à mon sens - pas du tout, suscitant davantage la consternation que l'adhésion, on reconnaîtra toutefois à l'auteur de Nice Baie des Anges (cf la radioblog) un sens de l'autodérision et de la remise en question assez rare pour être salué…

lundi 11 juin 2007

L'Etrange Jeunesse De Danny E.



Ils ont un peu le look des gars de Level 42, le son des disques de The Cars, mais si l'on parvient à enjamber ces deux premiers obstacles, on constate qu'ils ont quand même des chansons à la XTC (des débuts), truffées de bifurcations burlesques, de mélodies savantes et de chants exubérants, sans même parler des textes un peu borderline (genre I Like Little Girls).
Mais si : réécoutez donc "Go 2" de la bande à Partridge et on en reparle…
On connaît peu en France les Oingo Boingo, groupe de college-rock par excellence, dans lequel le génial Danny Elfman fourbit ses armes avant de devenir célèbre comme compositeur pour le cinéma (L'Etrange Noel de Monsieur Jack, quasiment tout Tim Burton, Hulk, Spiderman et bien d'autres...) ou la télé (le générique de Desperate Housewives...). Dommage parce que certains morceaux valent le détour...
Mon préféré demeure Ain't This The Life, ou l'hybridation improbable de Devo et Madness au pays de Miami Vice.
P.S. : c'est fou comme le live de Level 42 ci-dessus fait penser au générique de Alf, non ?
P.S.2 : Oingo Boingo, presqu'anagramme d'Oignon Boogie.
P.S.3 : amitiés à Miles, qui va traverser un sale moment début avril 08.
P.S.4 : parait de l'attaché de presse D.B. va bientôt manager l'insipide Soko. (mais on s'en fout)

samedi 9 juin 2007

L'enfer c'est les autres



Une chouette idée de cadeau pour la fête des pères, le Nouvel An orthodoxe, la Saint-Jean ou la clôture du Festival International du Mammifère Marin :
Librio (l'éditeur spécialisé dans les livres à 2€) a fait récemment paraître "Le Dictionnaire du Diable" de l'Américain Ambrose Bierce(1842-1913).
Il ne s'agit heureusement pas d'un ouvrage consacré au satanisme ou aux pratiques occultes mais d'un gouleyant recueil d'aphorismes (déguisés en définitions) copieusement chargés en mauvaise foi, misanthropie et humour noir.
Quelques exemples pour donner le ton :

Discussion : Méthode servant à confirmer les autres dans leurs erreurs.
Piéton : Partie changeante (et audible) de la chaussée pour une automobile.
Détresse : Maladie contractée par l'exposition à la prospérité d'un ami.

Drôle, méchant, pas cher.

mercredi 6 juin 2007

Top Navrance #7 : Choucroute et Codevi



Non : la chaîne de télévision Arte n'a pas le monopole de la culture, ni de l'amitié franco-allemande. L'orchestre de la Fisher-Kapell, sympathique gardien de la tradition "Blosmusik" alsacienne (que d'aucuns nomment le "humpapa") nous le rappelle d'ailleurs avec la pépite d'aujourd'hui.
Cette chanson, vantant la splendeur des locaux fraîchement rénovés de l'agence du Crédit Mutuel de la Montagne Verte, célèbre avec humilité et bonne humeur la joie d'habiter près d'un nid de cigogne, de boire un coup avec son copain de régiment et d'avoir une banque qui sait toujours faire face. Des plaisirs simples, qui subliment les clivages culturels.
Vive la CMDP !

samedi 26 mai 2007

Jolie Gaulle # 5 : Trondu



Certains queutrus qui jadis nous faisaient trop réma à cause de leur téco zarbi sont désormais entrés dans la normalité.
Ont-il pour autant dupère de leur voirpou comique ?
A vous de voir avec cette chanson de Dutronc de 1971, dont le simple treti (J'avais la cervelle qui faisait des vagues) me fait féki comme un vieux tinmanla.
(en bonus, dans la radioblog, l'excellente "leçon de gymnastique")

mardi 15 mai 2007

Vaguement Jumeaux #6 : Leo et Francisco



C'est une fois de plus à l'inestimable Flóp que je dois la joie d'écouter Leo Masliah.
Que l'un et l'autre soient bénis pour le ravissement qu'ils me procurent de façon chronique.

Masliah est un stupéfiant artiste uruguayen dont l'oeuvre combine le génie de plusieurs génies : Pierre Desproges, Albert Marcoeur, Boby Lapointe, Tom Zé, Georges Brassens et Richard Gotainer. Le tout en castellano, l'idiome espagnol local.
Il n'y a, somme toute, pas grand chose à rajouter. Ce type est extraordinairement juste, drôle, imprévisible, ingénieux... Tous les adjectifs laudatifs peuvent s'appliquer à Masliah.
Je suis bien conscient toutefois que la puissance de son oeuvre n'apparaîtra clairement qu'aux quelques hispanophones qui lisent ce blog (je constate qu'ils se font de plus en plus nombreux) et prie les autres d'excuser cette parenthèse pour "happy few".
En espérant que les few, pour leur part, seront vraiment happy d'écouter Agua Podrida et Juego Al Casino.

Je reporte depuis belle lurette le moment où je vais vous parler de Flóp...
Sa ressemblance physique avec Leo Masliah, mais aussi l'incroyable (et fortuite) proximité de leurs démarches artistiques me donnent toutefois une occasion rêvée d'évoquer son cas.
Flóp est à mon sens le meilleur songwriter francophone de sa génération.
C'est aussi simple que ça... Il y a des propos qui peuvent paraître sentencieux, arrogants, mais c'est parce qu'on se refuse à admettre l'évidente simplicité que la réalité peut parfois revêtir.
Le fait que Flóp lui-même affirme écrire de "bonnes chansons" ne change rien aux faits : vantard ou pas, il a raison, le couillon.
Le gaillard, est de la trempe d'un Brassens ou d'un Annegarn, doté de la maîtrise formelle, la richesse lexicale du premier et de l'intelligence musicale du second.
Il fut un temps où je tenais une petite maison de disques indépendante et j'ai ainsi eu la fierté de faire paraître l'un de ses disques (l'album "Rechute"). Depuis il a monté une coopérative phonographique avec des amis et c'est toujours aussi bien.
Je vous propose deux chansons pour vous faire découvrir l'univers de Flóp, et vous montrer qu'il est aussi emballant dans la sophistication (Les Coulisses (démo) - 1999) que dans l'ascèse (Idem - 2002).

lundi 14 mai 2007

Enfants Terribles

En découvrant cette vidéo de qualité médiocre (un transfert de VHS apparemment) de "Seekers Who Are Lovers", je vous avoue avoir été submergé par l'émotion.
Emotion de retrouver les Cocteau Twins, qui auront accompagné bon nombre des soirées rêveuses de mon adolescence… surprise de les entendre sonner aussi bien, aussi singulièrement, aussi surnaturellement que dans mes meilleurs souvenirs. Cette captation télévisée date probablement de 1996 ou 1997, peu avant que le groupe ne se dissolve.
On y voit et entend une Elizabeth Fraser troublante, surplombant vaillamment des vagues de guitares lancinantes.
On a l'impression qu'elle chante à l'envers... ou bien qu'elle est énervée parce qu'elle veut nous dire quelque chose mais qu'elle ne parle pas la langue de notre planète.
Une chanson à la beauté océanique, mené par une chanteuse qui ressemble à l'hôtesse d'accueil d'un office notarial... Déconcertant et sublime.

dimanche 13 mai 2007

Top Navrance #6 : Toute première fois



Pas moyen de trouver des informations biographiques concernant Angèle Lombard, à qui l'on attribue l'interprétation de ces 2 minutes et 34 secondes de féérie.
Remarquez qu'on apprend déjà quelques trucs sur elle grâce à son texte "plein de" poésie.
La splendeur de cette chanson tient dans son sens inouï de l'aparté, sa petite litote bien sentie ("je n'étais pas indifférente") et sa générosité du détail qui contrastent avec le caractère pour le moins elliptique de la narration. Qui est ce jeune homme ? Quelles sont ces mystérieuses confidences ? De quelle année, le vin de Provence ? Rillettes ou Crevettes en entrée ?
Et la conclusion, ça s'est fait sur le bateau ?
Et bien ça, Messieurs-Dames, c'est ce qu'on appelle de la PUDEUR.
Ce qui est rare de nos jours.

jeudi 3 mai 2007

Ingénieurs du Son



Si vous aimez comme moi les premiers disques de XTC ou de Devo voici un morceau assez obscur sur lequel je viens de tomber par hasard et qui relève de cette même mouvance "punk oblique".
On y retrouve ce mélange détonnant fait de mélodies simples, de riffs crétins et de structures compliquées, d'énergie frénétique et de froideur mécanique, de rigueur conceptuelle et de potacherie débridée.
Le groupe est originaire des environs d'Austin (Texas), s'appelle Standing Waves, et vous narre les névroses d'un électronicien le temps d'un "Integrating Circuits" expéditif et délirant, datant du début des années 80.
En réécoutant pour la cinquième fois cette chanson en vingt minutes, une hypothèse étrange se forme dans mon cerveau meurtri : et si on avait mis sans le savoir la main sur les grands-parents de nos chouchous les Deerhoof ?

jeudi 26 avril 2007

Jack the Dripper



Oulala, on a failli passer à côté : dans un peu plus de trois mois, c'est le 51ème anniversaire de la mort de Jackson Pollock, le papa de l'action-painting.
C'est quoi, l'action-painting ?
Inutile de l'expliquer quand on peut directement en FAIRE, simplement en bougeant sa petite souris.

En cerise sur le gâteau (dégoulinant), veuillez trouver ci-joint, l'excellente biographie de Pollock en chanson par Red Krayola with Art & Language, intitulée "Portrait of V.I. Lenin in the style of Jackson Pollock, part 1".
C'est extrait de l'extraordinaire album "Kangaroo?" enregistré en 1981, à l'époque où le Krayola comptait dans ses rangs, outre l'indispensable Mayo Thompson, les vénérables Epic Soundtracks (Swell Maps), Allen Ravenstine (Pere Ubu), Lora Logic (Essential Logic) et Gina Birch (Raincoats). De la free-pop délirante comme on n'en entend plus souvent.

vendredi 20 avril 2007

Vaguement Jumeau #5 : Emil contre les Souris



Quarante fois que je l'écoute en deux semaines et je ne parviens pas à m'en débarrasser. Mon enthousiasme pour "Saturday waits", extrait du dernier album en date de Loney, Dear ne semble pas s'effilocher...
Cette voix de tête évoquant simultanément celle de Brian Wilson et Barry Gibb, ce texte un peu bidon qui parle du sentiment de n'être pas à sa place, cette mélodie de refrain quasiment déductible de celle du couplet... le cerveau décortique, analyse, identifie les ficelles.
Mais ce gros lourdaud de coeur se fait encore une fois piéger.
Comme en 1989, quand je découvrais "Sensitive" des Field Mice, replaçant inlassablement, toutes les 4 minutes, l'aiguille de la platine au début de cette increvable galette de vinyle noir, tâchant de comprendre ce qui pouvait bien me mettre dans un pareil état.
Aujourd'hui je suis devenu un vieux cervidé, j'ai appris tout plein de nouveaux accords à la guitare et dispose de nouveaux éléments d'analyse : j'ai vite remarqué, par exemple, que le refrain de ces deux chansons était construit sur la même séquence d'accords (Sol, La, Fa#m, Si m) et qu'elles me procuraient le même type d'émotion (une forme de positivité qui sourd de la nostalgie).
Mais je ne connais toujours pas la formule magique qui transforme cette poignée de notes en un pareil soin apaisant pour les âmes endolories.

Joies de la technologie

Les plus observateurs l'auront déjà remarqué : j'ai intégré sur cette page une "radioblog".
Pour les profanes, c'est une petite interface qui permet de lire (exclusivement en streaming) la musique que j'ai bien voulu y mettre. Le son est assez pourri mais je vais essayer de trouver un moyen d'encoder les morceaux à plus haute résolution à court-terme.

Pourquoi une "Radioblog" me demanderez-vous ?
Et bien parce que :
1) c'est vraiment très cool d'avoir une radioblog sur son blog.
les meilleurs bloggers le font. Il doit donc y avoir quelque chose d'intrinsèquement cool à ça.
2) ça permet de mettre encore plus de musique en écoute avec un temps de chargement quasi-nul pour l'utilisateur .

Pour l'instant, j'utiliserai cette petite interface pour partager avec vous les morceaux que j'écoute le plus ces derniers temps mais à propos desquels je ne compte pas faire de commentaire particulier.
N'hésitez en revanche pas à me livrer les vôtres : j'aurai moins l'impression d'écrire dans le vide.
Sur ce, allez dans la Paix du Christ.

P.S : si un lecteur averti peut m'expliquer comment on intègre la lecture d'un morceau de la RadioBlog dans un bulletin, je lui vouerai une gratitude éternelle.

dimanche 15 avril 2007

Les rongeurs du midi



Je me suis promis de rédiger un bulletin aujourd'hui QUOI QU'IL ADVIENNE.
Vous n'y couperez donc pas.
C'est par un effort incommensurable de mon stupéfiant sens de l'auto-discipline que je vous fourgue cette petite curiosité que j'avais mise de côté en cas de panne d'inspiration.
Permettez-moi au passage de dédier ce court paragraphe à mon camarade Fred Coppola, ami de la technologie musicale s'il en est.
A l'heure où le contrôleur midi devient un outil aussi financièrement accessible que techniquement abordable , d'aucuns - fermement décidés à se la jouer écolos jusqu'au bout et à faire avec les moyens du bord - ont décidé de se servir de leurs hamsters pour piloter leurs logiciels de son. Quand on entend le résultat avec six rongeurs, je me dis qu'il faudrait quand même - à vue de nez - au moins une demi-douzaine de musaraignes et une vingtaine de chinchillas pour produire une démo de Mouse on Mars.

lundi 9 avril 2007

Jolie Gaulle #4 : Ecrevisse laminée



Son visage vous est familier si vous mangez tous les soirs devant France 3 et son renversant sitcom "Plus Belle La Vie".
Elle s'appelle Rachel dans la série mais c'est sous le nom de Colette Renard qu'elle s'est illustrée dans le music-hall, créant notamment "Irma La Douce" à la fin des années 50.
Son répertoire (qu'on dit fort de plusieurs centaines d'oeuvres enregistrées) compte un certain nombre de chansons "lestes" qu'elle interprète avec beaucoup de talent et de classe.
Le morceau offert aujourd'hui, Les Nuits d'une Demoiselle est un classique de la chanson libertine "sophistiquée"… Les connaisseurs blasés m'excuseront d'enfoncer une porte grande ouverte… ceux qui (re)découvriront en revanche ce titre s'extasieront sans doute devant l'impressionnante sarabande de métaphores…

dimanche 8 avril 2007

Goûte à Toog



Toog est un artiste français aux talents multiples : chansonnier, dandy, musicien, photographe, poète, comédien, blogger, réalisateur. Il fait partie de ces artistes français qui ont sorti plusieurs disques et donné de nombreux concerts à l'étranger (notamment aux USA et au Japon, aux côtés de son ami, le légendaire Momus) et qu'on ne connait quasiment pas en France. Je l'ai - pour ma part - découvert il y a sept ou huit ans, grâce à des amis qu'on avait en commun et qui ont eu la riche idée de m'offrir un CD préfigurant l'album "6633" paru plus tard sur le label "Le Grand Magistery".
Imaginez Kraftwerk (tout-synthétique, qualités mélodiques), Satie (économie des effets, sens de l'absurde et de la poésie typiquement français) et les Sparks (flamboyance, humour à froid), réunis dans un même cerveau pour produire des comptines dadaïstes (l'improbable "Fable") ou de mélancoliques récits crypto-mythologiques ("Cyclope-Haine").
Ce garçon possède un phrasé génial, une diction impeccable combinée à une splendide mollesse de ton, qui sert admirablement la qualité de textes pour le moins chiadés ("ses plumes ont l'eau de leur encre noire teint" quand même !) .
Les deux extraits proposés ici ont été enregistrés en 1998 ou 1999...
Depuis, Toog a produit plusieurs disques (au moins trois semble-t-il), toujours aussi singuliers quoique moins enthousiasmants à mon goût...
Je garde toutefois un oeil sur le bonhomme, que je sais capable des plus belles surprises...

Vaguement Jumeaux #4 : David contre Johnny



Au tout début des années 90, on m'a fait découvrir le groupe Moonshake et ça m'a complètement retourné la tête, créant une brêche dans mes goûts d'indie-kid nourri à la pop C86, aux mélodies sucrées et aux guitares carillonnantes.
Ce groupe, qui venait de se former sur les cendres des regrettés Wolfhounds, proposait une musique étrange, basée sur des grooves très efficaces, empruntant au dub ses lignes de basse (simples, sourdes, et garantes des seuls points d'accroche mélodique) et une batterie à la fois hypnotique et complexe, métronomique et dansante (comme aux riches heures de la no-wave new-yorkaise). Sur cette solide assise rythmique venaient se poser le chant monocorde et acrimonieux de David Callahan, ainsi que des incises de guitares biscornues ou d'échantillons dissonants. Nommé d'après le titre d'une chanson de Can (sur l'album Future Days), Moonshake, s'il revendiquait clairement l'influence de ces augustes Teutons, s'éloignait toutefois des eaux de Cologne en optant pour une concision et des partis-pris structurels typiquement pop. Exemple : City Poison (extrait du premier album "Eva Luna"1992)

Bien des années plus tard, la curiosité réactivée par la lecture du "Rip it up and start again" de Simon Reynolds, je décidai d'explorer plus sérieusement l'oeuvre du groupe Public Image Limited.
Ce groupe, qui venait de se former sur les cendres des regrettés Sex Pistols proposait une musique étrange, basée sur des grooves bizarres, empruntant au dub ses lignes de basse (simples, sourdes, et garantes des seuls point d'accroche mélodique) et une batterie à la fois hypnotique et complexe, métronomique et dansante (comme un pendant anglais à la no-wave new-yorkaise fleurissante). Sur cette atypique assise rythmique venaient se poser le chant monocorde et acrimonieux de John Lydon, ainsi que des incises de guitares biscornues etc… Exemple Poptones (extrait du deuxième album "Metal box" 1979) ou encore cette excellente video live de Careering.